L'amour c'est comme un oiseau, un petit animal invisible qui nous est propre. On sait pas vraiment comment, mais cet oiseau est relié à nous, comme avec un élastique pratiquement incassable.
Notre oiseau est libre, completement indépendant, pourtant il sait ce qu'on veut et l'on s'accorde aveuglement à ses actes. C'est un lien magique qui nous relie, il symbolise la séparation et l'unité en même temps, comme s'il était possible de se parler à soi-même, de traiter sa moitié comme une personne à part entière même si au plus profond de nous même on sait qu'elle est nous et que nous sommes elle !
Mon oiseau à moi est souvent tout près. Parfois dans le metro, dans la rue ou dans un parc ensoleillé en été, il quitte mon épaule pour se poser sur celle d'une jeune et jolie fille. Il peut y rester 8 secondes, 8 jours, ou 8 mois (même plus, même si le mien ne l'a encore jamais fait). Puis il revient sur mon épaule, ou se pose sur de nouvelles épaules encore inconnues.
Depuis plus de trois mois mon oiseau s'est posé sur l'épaule d'une jeune fille alors que le sien est en ce moment sur la mienne, même si je ne peux pas le voir.
3 mois, presque 4 que mon oiseau s'est posé. Mais il m'arrive- ou plutôt il lui arrive quelque chose de bizarre depuis quelques jours, mon oiseau reprend un peu de sa liberté, il lui arrive de quitter l'épaule qu'il occupe depuis 4 mois pour se poser sur l'épaule d'une autre.
« Une autre », s'est une autre jeune fille qui malheureusement a déjà un oiseau sur une de ses épaules, l'oiseau d'un autre.
J'ai mal et j'éprouve de la culpabilité à regarder cette oiseau, le mien, voler et se poser sur une épaule, ou sur l'autre.
Pourtant, pour la première fois, je ne pense pas avoir à faire un choix. Toute ma vie je suivrais mon oiseau parce je lui fais confiance et qu'il est beau. Parce que j'éprouve un plaisir atroce à sentir ses serres se refermer doucement sur des épaules inconnues, y séjourner pour un temps, partager le quotidien de quelqu'un d'autre. Pour le plaisir et pour la souffrance, je le suivrais quoi qu'il arrive. Quitte à me faire mal ou pire, quitte à faire mal ... à une autre.
Certains me diront lâche, moi je dirai « fou », « passionnel » ou « romantique » jusque dans le jouissance à la souffrance.
Certains me diront lâche, en toute simplicité moi je préfère dire « fou », fou d'amour.
